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Un oeil sur la France
A l’occasion des élections présidentielles, l’équipe d’Un œil sur la planète jette son dévolu sur la France. Un pays qui cultive les paradoxes :
> la France est déprimée mais elle est championne d’Europe de la natalité,
> la France est n° 1 mondiale dans nombre de domaines mais elle décroche dans les classements internationaux,
> la France a un fort niveau de protection sociale mais elle n’arrive pas à se débarrasser d’un chômage de masse,
> les Français se déclarent individuellement contents de leur sort mais un Français sur deux a peur de devenir SDF.
Selon un sondage, les Français sont les seuls au monde à ne pas croire que "la libre entreprise et l’économie de marché sont le meilleur système". Quel est ce pays schizophrénique qui vit de l’économie de marché mais qui en conteste la culture ? Pourquoi cette crispation ? Est-ce la peur de perdre les acquis du modèle social français ? D’ailleurs, notre "modèle" en est-il encore un ? Patrick Boitet et Thierry Thuillier ont demandé leur avis à cinq journalistes étrangers.
Un œil sur la France est le 17e numéro d’Un œil sur la planète.

Reportages :
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France : la vie à crédit
Ted Stanger (Etats-Unis) avec Bruno Girodon.
Depuis 25 ans, notre "Etat providence" est financé grâce aux emprunts internationaux. Une enquête sur la dette abyssale de la France.
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Chômage : faut-il tout changer ?
Lamia Oualalou (Maroc) avec Pascal Stelleta, Bruno Girodon.
Pour lutter contre le chômage, faut-il réduire les allocations ? Est-ce le vrai problème ?
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Le gâchis des universités
Ioulia Kapoustina (Russie) avec Vincent Bouffartigue.
Amphis surchargés, moyens limités, filières sans débouchés, les universités françaises sont bien malades. Pourquoi ? Comment les faire évoluer ?
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Sécu : la réforme à tout prix
Roger Stryland (Pays-Bas) avec Jean-Pascal Bublex.
Persuadés que leur système est le meilleur du monde, les Français payent chers pour la Sécu. Mais ils sont parmi les moins bien remboursés d’Europe. Comment font les autres ?
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Liberté, égalité, réalité ?
Negar Zoka (Iran) avec Jean-Marie Lequertier.
Pour les Français d’origine étrangère, la devise de la République française semble parfois bien ironique. Leur intégration au sein de la société suscite encore des blocages. Comment les surmonter ? Doit-on faire de la discrimination positive ?
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| Biographie des journalistes
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Exceptionnellement Un œil sur la planète se tourne vers la France à travers le regard de cinq journalistes étrangers. Présentation des cinq “œil”.
Ioulia Kapoustina – Russie
Moscovite, Ioulia Kapoustina a fait ses études à la faculté de journalisme de l'université Lomonossov, l'antenne russe de CFPJ. En France depuis six ans, elle a travaillé d'abord comme pigiste pour l’hebdomadaire indépendant Moskovskie novosti, puis comme correspondante européenne pour la chaîne de télévision nationale russe Ren TV jusqu'en août dernier. Depuis, Ioulia Kapoustina est journaliste dans l'émission Arrêt sur image sur France 5, en charge de l'international. Elle est également polémiste dans On refait le monde sur RTL.
Lamia Oualalou – Maroc
Journaliste au Figaro, spécialiste de l'Amérique latine et du Mercosur, Lamia Oualalou a notamment participé au précédent numéro d’Un œil sur la planète consacré au Venezuela.
Negar Zoka – Iran
Iranienne naturalisée française depuis 2001, Negar Zoka vit en France depuis 1983. Elle est diplômée de Sciences Po Paris et a suivi des études de journalisme aux Etats-Unis. En France, elle réalise des magazines et des documentaires pour différentes chaînes. Elle a notamment réalisé les documentaires Comment peut-on être Français ? (diffusés en 2003 sur France 5) et Foutue adolescence (prochainement sur France 5).
Roger Stryland – Hollande
Né à Brunssum (Pays-Bas), Roger Stryland est diplômé de l’institut de journalisme des Pays-Bas et du CFPJ (filière européenne). Il commence sa carrière en 1989, en tant que réalisateur pour diverses émissions et en tant que correspondant pour les télévisions et les radios belges et hollandaises. Depuis 2005, il est le deuxième correspondant du NOS Journaal, les informations télévisées et radiophoniques publiques néerlandaises. Il est également l’auteur, pour Arte, d’un numéro de Toutes les télés du monde consacré aux Pays-Bas.
Ted Stanger – Etats-Unis
Ted Stanger, journaliste américain, vit à Paris. Il passe son enfance dans l'Ohio, USA, et, après le baccalauréat, fait ses quatre années d'études universitaires à l'université de Princeton. Ensuite, c'est le journalisme, tout d'abord dans une agence de presse (United Press International à Paris), puis pour un quotidien, le Miami Herald en Floride. A partir de 1981, il devient successivement directeur des bureaux de l'hebdomadaire USA Newsweek à Bonn, Rome, Jérusalem et Paris. Sa spécialité : correspondance de guerre. Installé en France depuis 1993, il est l'auteur de trois best-sellers récents : Sacrés Français ! Un Américain nous regarde (Michalon, 2003), Sacrés Américains ! Nous les Yankees on est comme ça (Michalon, 2004). Et puis, en octobre 2006, il sort Sacrés fonctionnaires ! (Michalon). Ted Stanger est marié, il a un fils.
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| Interview
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Patrick Boitet, rédacteur en chef d'Un oeil sur la planète
Confier les sujets d’Un œil sur la planète à cinq journalistes étrangers pour voir à quoi peut bien ressembler notre modèle français vu d’ailleurs. Patrick Boitet, rédacteur en chef de l’émission, explique cette démarche inédite et novatrice.
Retourner le miroir
Depuis cinq ans, à force de sillonner le monde, de prendre son pouls et d’être à l’écoute de ses moindres mutations, Un œil sur la planète dresse peu à peu un portrait en creux de la France. Assister au formidable essor de la Chine, analyser l’émergence du Brésil ou de l’Inde, se pencher sur le cas iranien, etc. : à chaque fois, on s’interroge sur ce qui se passe chez nous. Pour peu, la France se verrait comme une île, résolument différente de ses voisins. C’est le pays de l’exception – culturelle et autres. C’est aussi un pays de paradoxes, celui de la douceur de vivre et de la déprime des ménages, du fort niveau de protection sociale et du chômage de masse, etc. Numéro 1 mondial dans nombre de domaines, la France décroche dans les classements internationaux. Bref, avec l’élection présidentielle à l’horizon, nous avons voulu nous inviter dans le débat, en gardant notre spécificité internationale. D’où l’idée de retourner le miroir et de demander à cinq journalistes étrangers vivants en France leur opinion sur l’hexagone. On n’aurait peut-être pas dû…
Un même regard sur le modèle français
Il y a une relative unité entre les cinq sujets qui, il est vrai, mettent tous en cause, avec plus ou moins d’empathie, d’ironie ou de distance, le modèle français. Seule la journaliste marocaine Lamia Oualalaou, en parlant du chômage, est ouvertement plus positive que les autres. Dans l’ensemble, ce regard étranger sur notre modèle peut paraître alarmiste. Il a surtout le mérite de chambouler pas mal d’idées reçues. Prenons la santé. Les Français sont a peu près tous persuadés que la Sécurité sociale est le meilleur système au monde. Or on se rend compte que, par rapport à certains voisins, nous payons plus pour être remboursés moins. Dans son sujet, Roger Stryland donne quelques pistes en citant l’exemple de son pays, la Hollande, où la Sécurité sociale a été privatisée. Après, on peut être plus ou moins d’accord avec telle ou telle solution. Au moins l’émission permet-elle de s’interroger, de comparer et d’apporter un peu d’oxygène. Oui, il y a des réformes à faire. Non, tout n’est pas foutu. A chacun de réfléchir selon ses propres convictions.
Choix pragmatique
Le choix des cinq journalistes s’est fait de manière très pragmatique. Nous avions travaillé avec Ted Stanger, longtemps correspondant à Newsweek, au moment de notre deuxième numéro sur les Etats-Unis, “Comment ça va, cow-boy ?” (diffusé le 18 octobre 2004). Comme il venait de sortir son livre Sacrés fonctionnaires ! (éditions Michalon), il était assez logique qu’il intervienne sur le problème de la dette de l’Etat et du train de vie de la France. Ça a été le point de départ de l’émission. Ensuite, nous avons tiré la pelote et tout est venu, les thèmes comme les intervenants : la Russe Ioulia Kapoustina sur l’éducation, la Marocaine Lamia Oualalaou sur le chômage, l’Iranienne Négar Zoka sur l’intégration, le néerlandais Roger Stryland sur la santé (voir biographies).
A la première personne
Nous avons donné comme consignes aux journalistes : 1° de se lâcher, de ne surtout pas chercher le politiquement correct, et 2° de s’investir personnellement, physiquement, dans leur sujet, bref “d’éditorialiser” leur démarche. Avec le développement d’Internet et notamment des blogs d’opinion, les émissions ne peuvent plus, à mon sens, se contenter de leur “objectivité”. Je suis intimement persuadé que le public peut comprendre que l’on s’engage, que l’on affiche une couleur (pas forcément au sens politique du terme) à partir du moment où cette démarche est justifiée, assumée. Les émissions de télévision qui s’imposeront dans l’avenir seront, à n’en pas douter, celles-là…
Propos recueillis par Cyrille Latour
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Les précédentes émissions:
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